070905solitude.jpg Poème dédié à mes grand-parents...et à tous les grand-parents ....

"TANT D'AMOUR SE RECHERCHE , SE TROUVE A COTé " (pour tous les orphelins de l'amour de C.B.)

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PARC'QUE.......

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D’abord…il ‘y a la vieille qui râle et qui gémit

Elle m’plaint qu’j’suis qu’un pauv’gosse
 
Mais qu’tout ça va changer, qu’tout ça, va s’arranger

Parc’que j’en ai bavé et que j’ai assez d’bosses

Qu’elle m’tricote une écharpe, parc’qui fait froid ici
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Pi y’a le vieux qui ronfle, qui souffle comme un cochon

Ca fait un bruit d’tempête et ça pue l’intestin

Son ventre y bouge sans cesse, comme un accordéon

Y dit qu’c’est la vieillesse, et qu’ c’est l’début d’la fin

Parc’qu’y a eu une  jeunesse mais qui faut pas être con
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Mon nez contre la f’nêtre, j’observe les oiseaux

J’voudrais bien être comme eux m’envoler dans le ciel

Mais pas aller trop haut, trop haut c’est  disparaître

C’est pas mon truc à moi, j’veux pas être une étoile

Parc’que j’ai peur du vide, du vide qui engloutit
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Pi y a la dame qui vient, voir si chui bien ici

Alors la vieille elle cause ! Elle cause sans s’arrêter
 
Sa bouche n’en finit pas, on dirait une pétoire

« Le gamin, y parle pas, y fait rien qu’des cauchemars

Y parle dans son sommeil mais on sait pas c’qui dit »
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Moi je veux pas parler. Et pi j’ai rien à dire

Tout l’monde parle à ma place, alors mes mots sortent pas

Parler ça sert à rien, rien qu’à t’faire des ennuis
 
Et pi je peux rêver, rêver c’est pas mourir !

La mort c’est dans la tombe, j’la vois tout les sam’dis
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L’matin, l’ vieux y  ronchonne, le nez dans son journal

« Y a rien qui va en France, les gens y s’tirent dessus

Les gens qu’ont fout dehors parc’qu’y sont pas comme nous

Pi toutes ces guerres partout, le monde est d’venu dingue »

Mais quand l’vieux y m’regarde, ses yeux zont un air doux
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Moi, j’comprends pas grand-chose.  C’est p-tête que j’ai sept ans

« Des gens qu’sont pas comme nous ». Pour moi, ça veut rien dire

« Comme nous »…  ca veut rien dire parc’ que j’suis différent

C’est c’qu’on m’dit à l’école parc’ que j’ai pu d’parents
 
C’est moi qui suis p’tête dingue, parc’ que j’veux plus pleurer
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J’aime les bruits du silence mais pas tous ceux  qu’on croit
 
C’ ui du chat qui ronronne quand y s’frotte contre moi

Pi les patates qui couinent sous le vieil économe
 
La gamelle qui chuchote en cuisant pour l’midi
 
Parç’que ça sent la soupe et puis l’amour aussi
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Quand on mange, c’est pareil, la bouche dans la gamelle

Les vieux, je les regarde… parc’qu’ils me font marrer
 
A grands coups de cuillères, je les vois s’empiffrer

Lui y crache dans l’assiette, il dit qu’ca porte bonheur

Et la vieille, elle…elle.. elle pète, elle dit qu’c’est qu’elle dégaze
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Après ils rotent ensemble, c’est qu’c’est pour digérer
 
Mais moi, je suis pas dupe, j’pense qu’c’est les bruits du corps

Et pi les bruits d’la gorge et pi pt’ êtes ceux du cœur

Parc’que après la bouffe, parc’ que j’ai bien mangé

Y a toujours un dessert, et ca c’est du bonheur
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Mais j’peux pas m’exprimer, même pas avec mes yeux

Je veux pas m’attacher, pas même avec ces vieux

Ca sert à rien d’aimer, demain j’srai p’tetre aut’part

Je change tout l’temps d’famille, demain j’srai p’t’etre parti

Y parait qu’j’suis trop bête, les gens ça les agace
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Mais si je reste ici, un jour p’t’etre, j’s’rai capable

D’écrire un mot gentil, parc’ que j’suis pas méchant

Et pi ces vieux, j’les aime malgré tous leurs défauts

C’est le seul sentiment que j’peux pas m’ empêcher,
 
Parc’ que, eux ils comprennent sans que j’ai a parler

Et’y a qu’ les mots du cœur qu’on peut pas expliquer

Parc'que les mots d'la gorge ... Y servent qu'à sangloter .............

Parc’ que… parc’ que…

Catherine Boyer....