LE MYSTERE DES CONFITURES... de mémé Cécile...

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Des que je passais la porte de la maison de mes grands-parents, la vie changeait…

Mémé enlevait mes affaires de « poupée » pour me mettre des robes de « paysanne ». Les robes de paysanne permettaient de se salir, de trainer dans la boue ou d’avoir de la confiture partout. Mémé n’aimait pas les petits enfants tout propres, elle disait que cela n’était pas normal. Elle confectionnait ces robes dans des morceaux de tissus qu’elle troquait contre ses confitures.

 

Les confitures étaient préparés avec les fruits que pépé ramenait soit du jardin, soit qu’il allait cueillir  chez ses copains. Parfois il allait  « aux mûres »

Les mûres se trouvaient dans des haies qui « piquent ». Il y avait de la rhubarbe aussi, dont je ne savais pas la provenance.

 Je regardais mémé faire de la confiture de pomme, de la gelée de coing, de la confiture d’abricot, de prune. Bref tous les fruits et même les tomates partaient dans le grand chaudron en fonte qui mijotait sur la cuisinière à charbon. Parfois j’aidais mémé à éplucher les abricots…

 

Les confitures étaient mises « en route » le soir car mémé disait sans cesse que les petits enfants pouvaient mourir si le grand chaudron se renversait sur eux.

Je regardais autours de moi s’il y a avait d’autre enfant mais non ! J’étais seule ! Donc mémé parlait toute seule et je pense que cela lui faisait plaisir.

Bien campée sur ma chaise derrière la table de la cuisine, je regardais en silence les gestes magiques qui faisaient la confiture.

L’odeur sucrée se répandait dans toute la cuisine. Je fermais les yeux pour mieux là déguster.

Le lendemain matin je sortais de mon lit glacial, pieds nus et en chemise de nuit pour aller voir si les confitures s’étaient transformées en pots.

 

Miracle ! Les pots étaient là bien alignés, prêt à être rangé dans le grand placard en bois. Mémé avait mis une étiquette sur chaque pot : abricots, mûre, fraise, rhubarbe, prune … et tout un tas d’autres noms de fruits qui me mettaient l’eau à la bouche.

 

Puis mon regard se posait sur des pots qui n’allait pas dans le placard et dont je ne savais pas la destination mais aussitôt mémé disait que c’était un secret….et elle tournait les pots pour que je ne puisse pas lire les étiquettes …

 

Comme je ne parlais pas, je faisais voir à mémé la chose blanche qui flottait au dessus des fruits cuits et mémé répondait fièrement : «  c’est de la paraffine pour conserver les confitures ! ». Moi, je pensais que c’était pour que « les petits enfants » ne mettent pas le doigt dedans…

Mémé recouvrait les pots d’une fine lamelle de plastique transparente attachée par un élastique.

 

Chaque matin pépé coupait une grosse tranche de pain mou et mémé étalait une couche épaisse de la confiture du jour.

 

Puis mémé me montra un jour son secret … elle faisait une collection de pots de confitures ou les parfums se mélangeaient entre eux ….

Pour elle c’était son jardin secret et puis elle avait peur que ses filles ne se moquent d’elle, ou que les gens ne la prennent pour une folle car elle faisait de tels mélanges que personne ne saurait la saveur  des confitures…

Pépé n’avait le droit de descendre dans la cave que si une étagère se fêlait …

Mémé espérait qu’un jour, on découvrirait ses mélanges et qu’elle deviendrait célèbre… C’était son rêve…

 

-  Surtout il ne faut rien dire à tes cousins et tes cousines ! En fait, il ne faut le dire à personne …

 

Alors je lui écrivais :

 

 

-  Pourquoi ? Si tu veux devenir célèbre, il faut le faire voir !

 

-  Quand je serai morte, tu le feras voir et c’est toi qui seras célèbre ! Tu auras beaucoup d’argent et tu pourras faire des études ! Et puis tu ne verras plus ta mère ! Cet argent sera placé pour toi ! Et comme ça mes autres enfants n’y auront pas le droit !

 

Donc son rêve, elle me le donnait …

 

Mémé faisait ça pour mon avenir, c’était une espérance que je puisse échapper au destin qui m’attendait. Mémé réfléchissait, mémé supposait elle aussi le retour de ma marâtre, mémé avait peur pour moi …

 

Parfois mes tantes suggéraient à mémé de mélanger les fruits et mémé répondait que ce n’était pas possible puis elle me regardait en vitesse et un court regard la rassurait. Mon air innocent devant les questions de mes tantes lui disait que je ne dirais rien …

 

Quelle merveilleuse femme n’est-ce pas ?

 

Après la mort de mes grands-parents, les pots ont disparus mystérieusement et mystérieusement, personne n’avait vu de pots à la cave !

 

J’ai même entendu cette phrase : «  ton imagination te joue des tours !

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JEAN DIT :

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Comme elle avait raison cette mamie de penser qu'un enfant ne doit pas être trop propre. Quel instinct !.

Une étude scientifique anglaise publiée dernièrement prouve que le contact avec la terre et les élèments (herbe, eaux stagnante...) au cours de nos jeux dans la petite enfance nous himunise progressivment. L'explosion d'allergies en tout genre en ce moment viendrait d'un excés de " propreté ". On en est à arracher certaine plante : l'ambroisie par exemple.
E tout ça, parce que les enfants sont trop confinés. Les maladies de l'avenir viendront de là. Ce n'est pas seulement dans les confitures qu'elle t'a aidée... Moi qui suit un homme des champs...

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Ce que je réponds

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TU AS RAISON .... !!!

Lorsque je tombais dans les orties , ma grand-mère faisait une décoction d'ortie et me badigeonnait le corps entier , elle disait : "il faut soigner le mal par le mal " .

Elle faisait aussi des potions avec des queues de cerises , des cataplasmes d'argile et mon grand-père frottait mes bobos avec de la boue .

Une fois il m'a fait peur ! Il m'a dit que l'urine des chiens guérissait très bien les blessures . Je me suis imaginée le chien en train de pisser sur mon visage tuméfié !

Dans le jardin de grand-père , il fallait marcher bien dans l'allée car de chaque coté , se trouvaient les plantes magiques de mémé et si il les piétinait , c'était passible de mort . Alors je m'imaginais la guillotine tombant sur le coup de pépé et je m'accrochais à lui pour ne pas "piétiner" ...

Une fois j'ai mangé de "l'herbe à vache " et de l'herbe à lapin pour voir le goût et je n'ai pas été malade ! Juste une bonne rigolade de mes grands parents lorsque je leur ai dit !

J'ai aussi mangé de la terre pour voir le goût mais je l'ai vite recraché !

Mais peut-être toutes ces "recetttes de grand-mère" m'ont -elle endurcie et ainsi cela m'a servi dans la rue et ainsi je n'ai jamais eu de maladie infantile !

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Il y a une quinzaine d'année , ma mère qui prenait 3 bains par jours a été malade et le médecin lui a dit qu'elle était trop maniaque , que ses anticorps ne la protégeait plus ! ( bien sur , elle a insulté ce médecin !)

Ben oui , sur notre corps , si l'on regarde au microscope, des milliers de bestioles se baladent , mangeant les impuretés qui s'y trouvent ... A force de se frotter , elles disparaissent et notre peau est apte à recevoir toutes sortes d'attaquants !

Homme des champs , homme savant ", ainsi s'appelle Jean