Qu'y a t-il au fond de toi ?

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THEATRE...Créations

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dimanche, janvier 6 2008

L'AMOUR... (les sentiments d'antigone 2008)

 

J'ai fait venir Antigone pour parler amour ... de toutes les

manières d'aimer...

 

 

-  Antigone … ANTIGONE !?

 

ANTIGONE :

 

 Qui es-tu ? Qui me parle ?

 

LE MIROIR :

 

-  Je suis toi. Regardes ton miroir, regarde-moi en face, Antigone.

 

ANTIGONE

 

-  Je te vois. C’est vrai que je me vois et  je te vois aussi.

 

LE MIROIR

 

-  Que t’arrive t-il ? Pourquoi te meures-tu ? Qu’y  a-t-il au fond de toi ?

 

ANTIGONE

 

-  Je suis au bord du gouffre… Je souffre … Je meure de trop donner d’amour, trop d’amour pour mon frère, trop d’amour pour mes amis, trop d’amour pour les gens ! Aujourd’hui, mon frère m’a trahi. Mon confident m’a déçue … Mon amitié pour l’océan m’a choquée...

 

Je ne suis rien qu’un grain de sable, une poussière d’étoile, une petite pierre  qui construisait son chemin. A cette heure ma vie n’a pas de vie. Ma vie n’a pas d’espoir ; ma vie n’a qu’une mort …

 

Mort préméditée par les hommes, par le pouvoir d’amour que je détiens. L’humanité se meurt sais tu ? Et d’appartenir à cette humanité me fait vaciller …

 

LE MIROIR

 

-  Je t’aimerai toujours ma petite Antigone … je ne veux pas que tu meures et ainsi je réécrirai ton histoire…

 

ANTIGONE

 

-  Mourir est mon destin…et tu le sais …

Le mot amour est mort, ainsi je dois mourir… Mourir pour dire « je t’aime »

 

…. Je t’aime…

 

Les hommes n’aiment plus ce mot ! Ou bien il le déforme …

 

Amour …mourir … humour…

 

Aime-t –on quelqu’un comme on aime le chocolat ?

 

Le mot amour n’a pas qu’une seule signification !

 

Et pourtant les hommes n’ont que ce mot à la bouche … mais ne l’utilisent pas ! ou du moins pas correctement…

 

Aimer son enfant plus que soi-même et avoir le pouvoir de mourir pour lui.

 

Aimer un ami, lui donner de la tendresse, se réfugier dans ses bras lorsque tu as de la peine. Ecouter ses joies, ses chagrins, ses progressions.

 

Aimer son chien, son chat, son poisson rouge, parce que l’on sait qu’il dépend de nous et que lui, il t-aime sans arrière pensée. Cet amour qu’il te donne, tu le partages avec lui mais il n’a pas de prix. Cet amour là ne s’achète pas, ne se vole pas. Non, il est gratuit …

 

Aimer le chocolat, la bonne chair.

 

Aimer la nature, le vent qui te caresse le visage, le soleil qui te réchauffe, le bois qui crépite dans la cheminée,  te racontant une histoire …

 

Aimer l’autre qui est différent, juif, noir, gay, gros, petit, maigre…

 

Aimer ce peuple car il se meurt…

 

Aimer… me fait mourir …

 

Et les hommes se gaussent de toutes mes pensées, de toutes mes ardeurs, de ce combat contre les injustices, les haines, les plaies du monde … Les hommes ne pansent plus les blessures, non …

 

Ils restent dans leur bonheur de sexes inassouvis. Amour pour eux ne se résume qu’à ça … Le sexe domine le monde …

 

«  Amour se trouve au rayon sexe » ! Quelle horreur de dire ça !

 

LE MIROIR

 

-  Certains aiment véritablement d’un amour sentimental ! Tu exagères Antigone !

 

-  Pas de beaucoup ! Les quelques rares amoureux sont montrés du doigt.

Comédie ! s’exclame t’on. Et les bouches amères dénigrent et salissent cet amour là. Et cet amour les fait rire ! Or de cet amour primaire débute les autres amours…

 

(Antigone rit puis se replie en chien de fusil et pleure)

 

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Catherine Boyer ...

 

dimanche, septembre 23 2007

MANGEZ DE L'HOMME !

 

extrait (protégé)... Deuxième pièce...

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"MANGEZ DE L'HOMME" est une pièce en 1 acte .

Deux femmes , Céline et Mathilde , débattent sur les hommes , la guerre , leurs avenirs en tant que femmes mais aussi en tant que mère. L'une introvertie, l'autre extravertie , cette pièce est une joute verbale entrecoupée de paroles de visiteurs tous gravitant dans le monde artistique d'aujourd'hui , pleins de conspirations et de faux-fuyants...

 

Céline, Mathilde

 

(Mathilde rentre, secoue son parapluie vers la porte, puis le pose dans l’entrée. Elle accroche son manteau .Céline est derrière son bureau. Des papiers chiffonnés débordent de la poubelle)

 

MATHILDE -  Quel temps pourri, en plus il fait froid …. (Mathilde s’écroule sur le canapé, puis regarde autours d’elle) Tu aurai pu faire un peu de ménage.

 

CELINE -  Je travaille …

 

MATHILDE  -  A quoi te sert d’écrire un roman si tu n’as pas l’intention de le faire publier.

 

CELINE -  Il faut laisser du temps au temps…Je ne suis pas prête …

 

MATHILDE  -  Ah oui ! En attendant, c’est moi qui te nourris …

Moi, et ton filsLa solde de David sert à payer  tes dépenses quotidiennes.  Tu es une charge pour tout le monde …

 

Céline s’arrête d’écrire et d’un ton menaçant :

 

CELINE -  Primo : tu ne mêles pas mon fils à nos histoires. Deusio : l’argent qu’il m’envoie, je le mets de coté pour son retour. Tercio, je travaille à la pige et je paye la moitié du loyer. Et puis … David n’est pas ton fils… Alors ne t’occupes pas de ses affaires.

 

MATHILDE -  Je te ferais remarquer que c’est aussi un peu le mien ! Depuis le temps que nous vivons ensemble, il me semble que j’ai un droit sur lui.

 

CELINE -   Un droit ? Le droit de quoi ? David a vingt cinq ans. Il est bien capable de prendre des décisions tout seul. En fait, dés qu’un enfant pousse son premier cri, j’estime que c’est un être humain à part entière qui ne dépend de personne. Il a besoin d’une famille et de beaucoup d’amour pour l’aider à grandir, c’est tout ! Toutes ses décisions sont à lui. Moi -même, je n’ai pas à lui imposer mes propres désirs… à sa place …

 

MATHILDE - Et s’il te disait qu’il veut devenir prêtre, que lui dirais tu ?

 

CELINE - Amen…

 

MATHILDE - Et s’il t’annonçait qu’il était homosexuel ?

 

CELINE - Je lui dirais : tu aimes ? Tant mieux, mon fils. Il vaut mieux aimer que de rester seul. Je n’ai rien contre les homosexuels.

 

 (Elle se tourne vers Mathilde)

 

 Tu as une ouverture d’esprit qui est bien peu large ma pauvre amie ! Je vais même te dire : j’aime bien les homos. Ils sont bien plus gentils et polis que certains hommes qui te déshabillent du regard. Ils te respectent !...

 Ils aiment les femmes et c’est, justement, ce petit coté féminin qui m’attire chez eux. Ils sont propres, coquets pas comme certains qui puent la sueur et les pieds et qui te sortent d’un air suffisant :

 «  Ça sent l’homme ! ».

 Et moi, je la ferme mais je pense :

 «  Ça sent la merde !  « 

 

MATHILDE -  Oh, quand même !...

 

CELINE  - Je te dis, ce que je pense et tu en fais ce que tu veux… Alors que David soit gay, en fait … Cela ne me déplairait pas !

 

MATHILDE -  Là, tu exagères quand même. Et puis, je te ferai remarquer que certain homos sont misogynes et donc, dangereux …

 

CELINE -  (avec un petit sourire) Oui mais David est mon fils … Il ne s’en prendrai pas à sa mère.

 

(Un  silence puis les deux femmes se regardent)

 

… Autre chose… Je me demande pourquoi, en France, on ne leur donne pas le droit de se marier … dans la plupart des pays européens, c’est une loi institutionnelle. Nous sommes  vraiment en retard d’une longueur !

 

(Un temps… Les deux femmes réfléchissent).

 

 MATHILDE  -  Peut-être, à cause des impôts !

 

CELINE - Je ne sais pas. Mais c’est vrai qu’un célibataire paie beaucoup plus d’impôts qu’un couple. A moins que ce ne soit une question de racisme … ou d’éthique…

Nous sommes gouvernés par de vieux machins qui sont peut-être, eux même, homos mais qui n’ont pas la franchise de le dire pour ne pas choquer la bienséance de leurs électeurs. Faux-culs et compagnie…

 

 (Céline se lève et parle) 

 

Je suis homo, donc hors norme au regard des bonnes mœurs de la société !

Alors je vous demande où commence notre normalité, et où finit-elle ?

Que celui qui trouve la solution vienne me l’expliquer. Je suis tout ouie !

 

(Elle retourne s’asseoir)

 

MATHILDE - (en aparté)  c’est le délire total, maintenant !

(Elle revient sur Céline) Alors, tu  laisserais tout faire à David,  sous prétexte que c’est ton fils !

 

CELINE – (sursautant sur sa chaise) Mais tu n’a rien compris… Ce n’est pas une question de « laisser faire ». S’il se droguait ou qu’il buvait, bien sur que j’essaierai de l’aider, de le faire soigner. Non, là, devenir prêtre ou être homo, ce ne sont pas des maladies. Ce sont des états. Un prêtre a la vocation, un homosexuel l’est au plus profond de soi. Et je ne pense pas ainsi, QUE, pour David ! Je pense ainsi pour tout être humain ! Personne n’a le droit de juger où même de réformer quelqu’un sous prétexte qu’il est différent … Ce serait lui reprocher sa propre différence ! Et ce serait que les autres me reprochent la mienne.

 

MATHILDE – (arpentant le salon) – Tu m’embrouilles quand tu joues à l’intello. Je ne comprends rien à ce que tu dis alors, parles français s’il te plait …

 

(Regard interloqué de Céline, Mathilde continue)

 

 Voyons … Où en étais –je ? … Ah, oui ! …  Lorsque TON fils a voulu être militaire, tu l’as laissé partir et maintenant, où en est-il ?

L’armée a fait de lui un tireur d’élite … belle carrière en effet ! Il n’ont rien trouvé de mieux que de l’envoyer en Côte d’Ivoire et il peut se faire tuer à tout instant … Sans compter qu’il s’amuse à tirer, lui aussi,  sur tout ce qui bouge. Comme à la foire …

 

(Mathilde singe une mitraillette)

 

 

Ta …TA…TA…TA, et d’un !

TA…TA…TA…TA et de deux, et…. JAMAIS deux sans trois ! Et ainsi de suite jusqu’à ce que mort fasse silence, laissant sur le sol un tapis de corps humains, servant de fumier pour les prochaines moissons. Vulgaire engrais pour agriculture à venir…

 

 (Mathilde s’enflamme dans la méchanceté jusqu’à la perversité, Elle ricane en regardant Céline)

 

Remarque, là-bas, les gens crèvent de faim, nos soldats morts peuvent aussi servir de viande fraîche pour anthropophages affamés. Il faut bien nourrir ces gens ! Comme ça, dans les deux camps, chacun y retrouve son compte ! Les nôtres tirent, les autres bouffent …

 

(Céline est atterré par la cruauté de Mathilde)

 

CELINE - Comme tu parles de celui qui est la plus belle chose que j’ai fait au monde ! Je ne te connaissais pas sous ce jour.

 Tu me fais peur, d’un coup …

 

MATHILDE - Je te fais peur ? Mais c’est la triste réalité, pourtant ! C’est toi la responsable de ce qui lui arrive. Si David en est là, c’est de ta faute ! 

 

CELINE -  Non, c’est lui qui a choisit de partir pour l’armée. Il devenait fou d’être au chômage. Il m’a dit lui même qu’il n’avait pas le choix. Il ne pouvait pas deviner qu’il partirai pour combattre.

A l’heure actuelle, nos fils n’ont pas le choix, soit la carrière militaire, soit le chômage…

 

MATHILDE - Il aurait mieux valu qu’il reste au chômage !

 

CELINE - Que tu dis… Personnellement, je pense que c’est la même chose, c’est un suicide … Et puis arrête de retourner le couteau dans la plaie. David est bien vivant à ce que je sache. Il m’écrit, donc il est vivant …

 

(Un temps… Céline, effondrée s’est réfugiée sur le canapé)

 

MATHILDE  - Mais dans la jungle … On ne sait où ! …

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POUR PIERRE ET LOULA :

 

un extrait de mon autre pièce de théâtre :

 

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ZEZETTE  -  En tout cas pour en revenir au  Momo…Pour les femmes…Je l’ai pris en flagrant délire de draguer …Oui !

…Un homme !

C’est comme j’te l’dis ! C’est un Momo-sexuel !!! Alors…Pour en revenir à  la voisine…T’as toutes tes chances !

 

JACQUES  -  Ecoute, Zézette, je suis un imbécile mais je ne suis pas un voyeur. La vie est belle si on la regarde du bon coté. Et tu regardes du mauvais coté !

 

ZEZETTE  -  C’est toi qui dis ça ? Tu te plains tout le temps !

 

(Zézette le singe)

Je suis trop petit, j’ai des grandes noreilles, je suis trop maigre… Et j’en oublie !

 

(Elle s’énerve)

Et c’est toi qui me donnes des conseils ? T’es gonflé, quand même !

 

LE HAUT PARLEUR  -  calmez vous !

 

(Ils lèvent tout les deux les yeux au ciel, puis Jacques reprend)

 

JACQUES  -  T’énerves pas ! Quand je dis que la vie est belle, je veux dire que si Momo « aime », c’est tant mieux pour lui. Que ce soit avec un homme ou une femme, il a du bonheur ! Et puis, ce n’est pas sale, parce que l’amour, c’est jamais sale ! L’amour, c’est le plus beau sentiment qui puisse exister !

 

(Un temps)

 

Et puis ça ne nous regarde pas. On n’a pas à juger les autres !...

 

(Jacques soupire)

Tu sais, il y a tant de gens qui n’aiment personne ! Au moins, lui, il est heureux.

 

dimanche, juillet 8 2007

ANTIGONE et l'amour

 

 

-  Antigone … Antigone ?

 

ANTIGONE : Qui es-tu ? Qui me parle ?

 

-  Je suis toi. Regardes ton miroir, regarde-moi en face, Antigone.

 

-  Je te vois. C’est vrai que je me vois et  je te vois aussi.

 

-  Qui es-tu Antigone ? Que t’arrive t-il ? Pourquoi te meures-tu ? Qu’y  a-t-il au fond de toi ?

 

-  Je suis au bord du gouffre… Je souffre … Je meure de trop donner d’amour, trop d’amour pour mon frère, trop d’amour pour mes amis, trop d’amour pour les gens ! Aujourd’hui, mon frère m’a trahi. Mon confident m’a déçue … Mon amitié pour l’océan m’a choquée...

 

Je ne suis rien qu’un grain de sable, une poussière d’étoile, une petite pierre  qui construisait son chemin. A cette heure ma vie n’a pas de vie. Ma vie n’a pas d’espoir ; ma vie n’a qu’une mort …

 

Mort préméditée par les hommes, par le pouvoir d’amour que je détiens. L’humanité se meurt sais tu ? Et d’appartenir à cette humanité me fait vaciller …

 

-  Je t’aimerai toujours ma petite Antigone … je ne veux pas que tu meures et ainsi je réécrirai ton histoire…

 

-  Mourir est mon destin…et tu le sais …

Le mot amour est mort, ainsi je dois mourir… Mourir pour dire « je t’aime »

 

…. Je t’aime…

 

Les hommes n’aiment plus ce mot ! Ou bien il le déforme …

 

Amour …mourir … humour…

 

Aime-t –on quelqu’un comme on aime le chocolat ? Le mot amour n’a pas qu’une seule signification. Et pourtant les hommes n’ont que ce mot à la bouche … mais ne l’utilisent pas ! ou du moins pas correctement…

 

Aimer son enfant plus que soi-même et avoir le pouvoir de mourir pour lui.

Aimer un ami, lui donner de la tendresse, se réfugier dans ses bras lorsque tu as de la peine. Ecouter ses joies, ses chagrins, ses progressions.

 

Aimer son chien, son chat, son poisson rouge, parce que l’on sait qu’il dépend de nous et que lui, il t-aime sans arrière pensée. Cet amour qu’il te donne, tu le partages avec lui mais il n’a pas de prix. Cet amour là ne s’achète pas, ne se vole pas. Non, il est gratuit !

 

Aimer le chocolat, la bonne chair. Aimer la nature, le vent qui te caresse le visage, le soleil qui te réchauffe, le bois qui crépite dans la cheminée, te racontant une histoire …

 

Aimer l’autre qui est différent, juif, noir, gay, gros, petit, maigre…

 

Aimer ce peuple car il se meurt…

 

Aimer… me fait mourir …

 

Et les hommes se gaussent de toutes mes pensées, de toutes mes ardeurs, de ce combat contre les injustices, les haines, les plaies du monde … Les hommes ne pansent plus les blessures, non …

Ils restent dans leur bonheur de sexes inassouvis. Amour pour eux ne se résume qu’à ça … Le sexe domine le monde … «  Amour se trouve au rayon sexe » ! Quelle horreur de dire ça !

 

-  Certains aiment véritablement d’un amour sentimental ! Tu exagères Antigone !

 

-  Pas de beaucoup ! Les quelques rares amoureux sont montrés du doigt. Comédie ! s’exclame t’on. Et les bouches amères dénigrent et salissent cet amour là.

Et cet amour les fait rire ! Or de cet amour primaire débute les autres amours…

 

Mourir d'aimer !

 

(Antigone rit puis se replie en chien de fusil et pleure)

 

(à suivre)