Qu'y a t-il au fond de toi ?

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mardi, janvier 23 2007

NE PAS N'ETRE...



FRANCE... TERRE D'ASILE ? ___

Engrenage infernal tourne, tourne. Et çà n’en finit pas.

Pas parler, yeux fermés, j’ai mal au cœur

Mon cercle d’ombre, je ne veux pas sortir

Ne pas n’être.

On me tire vers l’avant, on me pousse à l’arrière

Noir, clair obscur …

Faite d’ombre et de lumière, « je » viens de naître.

N’être pas, je ne veux

Et je crie et j’ai froid

J’ai froid d’indifférence

Et ces bruits qui m’assaillent

Les flashs qui m’aveuglent

L’ange m’avait dit,

Tu oublieras l’avant

Et je suis un après

Un tout, un moi, je suis

N’a-t-il pas oublié de me faire oublier ?

Je voulais naître chien

Et je deviens humain

Mais n’est-ce point de même ?

Naître dans le giron d’une mère patrie

Où l’enfant de l’espoir, n’est plus qu’une illusion …

Illusions d’être humain …

Etre humain… N’être pas

Je le sais, je le sens, ma mort a commencée

Elle est là, je la vois, mon sang contre son sein

Terre d’asile, on me nomme,

Nommer n’est pas aimer…

De son œil torve et sale, Racisme prend mon air

Ça y est, mon cœur est tiède, la mort a pris ma main

A puisé ma chaleur, ma chaleur d’être humain

La froideur de son âme envahit ma terreur

Le rythme de mon pouls qui s’épuise et d’un coup

Je ne veux plus me battre dans un monde qui gît

Mon corps se tend et livre dans un dernier soupir

Un râle d’adieu …oubliez moi … oubliez moi…

Ne pas naître… Ne pas n’être…


Catherine Boyer

lundi, novembre 13 2006

NOIR ET BLANC

- Tu es noir, regarde toi

- Oui, missé, je suis noir, je le sais ! mais je veux travailler.

- Alors danse, danse le vaudou ! Sois noir jusqu’au bout.

- Mais, missé, je ne sais pas danser le vaudou.

- Alors joue, joue le jazz ! Sois noir jusqu’au bout.

- Mais, missé, je ne sais pas joué la musique.

- Alors chante, chante le blues ! Sois noir jusqu’au bout.

- Mais, missé, je ne sais pas chanter, et je n’ai pas le blues

- Alors ramasse, ramasse le coton dans les champs ! Sois noir jusqu’au bout.

- Mais missé, il n’y a plus de coton dans les champs

- Alors cueille, cueille les feuilles de tabac ! Sois noir jusqu’au bout.

- Mais, missé, les gens s’arrêtent de fumer.

- Alors, si je comprends bien, tu ne veux pas être noir !

La dessus, le noir, ruiné, s’asseoit face au soleil et rêve d’être blanc. Le blanc, lui, avec son argent, part en Afrique se faire noircir au soleil.

A son enterrement, il y a là le noir qui ne veut plus être blanc Il est devenu fossoyeur

- Alors, missé, es-tu content d’être mort en te faisant brûler ? Tu as été blanc jusqu’au bout.

Maintenant, tu es noir comme moi, mon frère !


Catherine Boyer

dimanche, novembre 5 2006

DERRIERE LES VITRES DE MES YEUX

Petit moineau, petit oiseau. Petit- grand être indépendant Et si proche de moi cependant Si renfermé de pudeurs malheurs Mais pourtant masque de bonheur

Je ne savais plus rire…

Lorsque la froidure de l’hiver s’étend De tes petites ailes engourdies Ton atterrissage dans ma vie m’a ravi Viens picorer le pain de mon présent

Je ne savais plus manger…

Lorsque l’herbe du printemps Se fait fragrance après la pluie Tes quêtes, tes espoirs, d’espaces infinies Tu me les exposes en sifflant

Mais je ne sais pas siffler…

Lorsque la chaleur torride de l’été Engendre l’amertume de se dire : La mer, ce n’est que pour rêver Car tu me pépies : il me faut repartir…

Mais je ne sais pas parler…

Lorsque se pare de mille couleurs l’automne Tes petits moinous, tu viens me les présenter Et dans mon cœur une mélodie, une ode Je voudrais tant pouvoir te la fredonner …

Mais je ne sais pas chanter…

La réalité dans ce flux de mots C’est que la chance de rencontrer Un si grand petit moineau-oiseau Me donne la force de transporter Un bien pesant vilain fardeau

Je ne savais pas le porter…

Petit moineau, petit oiseau Vole vers l’horizon sans crainte Et pour tes souffrances cachées Le jour où tu auras soif de t’épancher Tu trouveras toujours ma branche pour te poser Car sur l’arbre de l’amitié Naît toujours la ramée de la confiance Et de cette tendresse retrouvée De joie, je pourrais pleurer

Je ne sais plus pleurer…

Petit moineau, si petit et si grand Par toi Chaque jour se prolonge mon temps …. … Temps et sérénité …

BOYER CATHERINE

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