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LITTERATURE

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jeudi, octobre 11 2007

APRES UNE SI LONGUE NUIT ...

Fiche lecture : Théâtre  

Auteur : Michèle Laurence - -- édition l’harmattan

 

APRES UNE SI LONGUE NUIT

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Quatre jeunes gens attendent dans  la salle d’attente d’un hôpital. Quatre orphelins de mœurs, de race, de religions, de pays  différents.

 Leur mère adoptive s’en va sur le chemin de la mort, la mort que tant d’années, ils ont trainé derrière eux comme un fardeau.

Dix ans ont passés depuis leur adoption et les voilà réunis dans une salle semblable à celle où ils attendaient une nouvelle vie, une vie meilleure…

Mais voilà : ils n’ont jamais oubliés les affres de la guerre,  le sang, la peur,  les cauchemars.

Et chacun de se remémorer les chaines sanglantes à ses pieds, de défendre son « moi » d’enfants martyrs …

Enfants de la guerre des hommes, de la haine des adultes, ils vont grandir ensemble avec ce passé qui les hante, confrontant religions et coutumes.

Enfants, ils se racontent, utilisant leurs mots, leurs émotions,  leurs pleurs, leur éducation religieuse ou non….

Pudiquement, l’auteure nous entraine, avec des dits et des non-dits dans le parcours de l’âme meurtrie de ces enfants.

Adultes, les blessures ressurgissent comme au premier jour dans cette salle d’hôpital où le passé les rattrape comme un cheval au galop …

Y a-t-il un avenir pour ces enfants là ? Ceux qui sont morts bien avant de vivre 

Que peut-il sortir du désespoir sinon … l’espoir …

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MON AVIS …

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J’ai lu beaucoup de pièces de théâtre mais celle-ci m’a bouleversée. Captivante du début à la fin, vous aurez du mal à vous en détacher.

Cette pièce pleine de subtilités, de sensibilités à fleurs de peau, nous prend dans cette fragilité de tourner les pages, de peur de trouver « brisé »  le fil de l’histoire : «  à prendre sur la pointe des pieds. »

Non, en fait car l’auteure : Michèle Laurence,  a pris ce risque de marcher sur des œufs sans en casser un.

Alors, je lui dis  bravo pour ce beau rendu sur les enfants de la guerre des adultes.

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EXTRAIT

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SAMIR - Et moi, mon grand-père était Imam, c'est encore mieux que rabbin !

SARAH - Il pouvait pas être rabbin puisque t'es pas juif!

SAMIR - Oui, mais c'est mieux quand même!

PIERROT - Tu vois, c'est ça les religions, ça sert à foutre la merde! Et puis, votre Dieu il dit : « Tu feras pas ci, tu feras pas ça! Tu feras comme ci et pas comme ça!» Et moi, j'aime pas les ordres!

Alors, vous pouvez bien prier, Allah ou Machin ou le Pape, si ça vous fait du bien, mais si on habite ensemble, faut pas me gonfler avec ça !

SARAH - Tekitoz) Et toi, tu dis rien ? Toi, non plus, t'as pas de religion ?

Silence

Il était où Dieu quand ils ont tué mon père et mes frères?

Qu' est-ce qui faisait Dieu? Il était où?

TEKITOI - Avant ... Oui.

SARAH - Avant? Comment ça avant? Quand on a une religion, c'est pour toujours.

Silence

TEKITOI - Non.

SARAH - Mais, tu crois en Dieu?

Silence

TEKITOI - Non ... Il peut pas

.

 

« Je» peux pas ... «JE» peux plus

.

Il est où Dieu?

Il était où Dieu dans l'église?

Il était où Dieu quand ils ont coupé la tête du bébé? Il était où Dieu quand la machette ouvre le ventre de ma mère ?

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mardi, août 7 2007

"SURVIVRE AVEC LES LOUPS " de MISHA DEFONSECA...

 

http://img69.imageshack.us/img69/7540/survivreaveclesloupsba9.jpg

Catégorie : Témoignages.

 

Mischke, fillette polonaise d’origine juive, a 8 ans quand ses parents sont déportés dans les camps de la mort. Elle ne sait pas son nom de famille, ses parents voulant la préserver d’un sort tragique. Mischke est recueilli par une famille qui la transforme en Monique. Elle ne se sent pas chez elle, ayant perdu son identité. Seul « grand-père », un paysan chez qui elle va faire la navette pour ravitailler sa famille d’accueil lui donne l’envie de vivre, l’amour pour n’importe quel animal qui existe…

Comme elle ne sait pas que l’on a déporté ses parents mais qu’on les a emmenés « vers l’est », elle ne rêve que de les rejoindre. Un jour, grand-père lui donne une boussole et lui apprend ou se trouve l’est … Elle part donc à l’aventure « vers l’est » pour retrouver ses parents …

Grâce aux loups elle va apprendre à survivre, à aimer, à respecter …

Quatre ans durant, elle parcourra un chemin, accompagné par les loups, s’étendant de la Pologne à la Yougoslavie la Russie, l’Italie pour revenir à son point de départ.

Quatre ans ou elle endurera, la faim, la souffrance, les horreurs de la guerre, la mort des autres … juste avec sa boussole et son couteau …

Mais quatre ans pour  remarquer que l’homme est plus un animal que l’animal lui-même !

Revenue à son point de départ,  elle apprendra que ses parents sont morts mais indirectement…Comme elle n’a aucune identité, elle prend le nom de Misha, en pensant à ce résistant russe dont elle a croisé le chemin et qui tuaient « les boches »

Revenir à la « civilisation » est  pour elle une épreuve dont jamais elle ne sera habituée …

Elle a mis plus de 50 ans pour témoigner car personne ne voulait la croire…

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Un livre humaniste à lire et à relire !

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Un extrait :

« J’ai chassé la guerre dans ma tête, et les hommes qui la font, d’une manière assez frustre mais logique. Le boche est un assassin et un violeur, le russe est un fier combattant courageux, l’américain est un grand Bibi Fricotin qui est venu nous aider, comme le voulait grand-père. Les frontières pour moi, ce sont des couleurs sur une carte et des uniformes. J’en ai vu des frontières avec des uniformes ! Je suis passée  dans les bois comme  les lapins ou les écureuils. Je ne suis pas un humain, moi ! Je ne passe pas la frontière des hommes. »