
Fiche lecture : Théâtre
Auteur : Michèle Laurence - -- édition l’harmattan
APRES UNE SI LONGUE NUIT
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Quatre jeunes gens attendent dans la salle d’attente d’un hôpital. Quatre orphelins de mœurs, de race, de religions, de pays différents.
Leur mère adoptive s’en va sur le chemin de la mort, la mort que tant d’années, ils ont trainé derrière eux comme un fardeau.
Dix ans ont passés depuis leur adoption et les voilà réunis dans une salle semblable à celle où ils attendaient une nouvelle vie, une vie meilleure…
Mais voilà : ils n’ont jamais oubliés les affres de la guerre, le sang, la peur, les cauchemars.
Et chacun de se remémorer les chaines sanglantes à ses pieds, de défendre son « moi » d’enfants martyrs …
Enfants de la guerre des hommes, de la haine des adultes, ils vont grandir ensemble avec ce passé qui les hante, confrontant religions et coutumes.
Enfants, ils se racontent, utilisant leurs mots, leurs émotions, leurs pleurs, leur éducation religieuse ou non….
Pudiquement, l’auteure nous entraine, avec des dits et des non-dits dans le parcours de l’âme meurtrie de ces enfants.
Adultes, les blessures ressurgissent comme au premier jour dans cette salle d’hôpital où le passé les rattrape comme un cheval au galop …
Y a-t-il un avenir pour ces enfants là ? Ceux qui sont morts bien avant de vivre
Que peut-il sortir du désespoir sinon … l’espoir …
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MON AVIS …
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J’ai lu beaucoup de pièces de théâtre mais celle-ci m’a bouleversée. Captivante du début à la fin, vous aurez du mal à vous en détacher.
Cette pièce pleine de subtilités, de sensibilités à fleurs de peau, nous prend dans cette fragilité de tourner les pages, de peur de trouver « brisé » le fil de l’histoire : « à prendre sur la pointe des pieds. »
Non, en fait car l’auteure : Michèle Laurence, a pris ce risque de marcher sur des œufs sans en casser un.
Alors, je lui dis bravo pour ce beau rendu sur les enfants de la guerre des adultes.
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EXTRAIT
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SAMIR - Et moi, mon grand-père était Imam, c'est encore mieux que rabbin !
SARAH - Il pouvait pas être rabbin puisque t'es pas juif!
SAMIR - Oui, mais c'est mieux quand même!
PIERROT - Tu vois, c'est ça les religions, ça sert à foutre la merde! Et puis, votre Dieu il dit : « Tu feras pas ci, tu feras pas ça! Tu feras comme ci et pas comme ça!» Et moi, j'aime pas les ordres!
Alors, vous pouvez bien prier, Allah ou Machin ou le Pape, si ça vous fait du bien, mais si on habite ensemble, faut pas me gonfler avec ça !
SARAH - (à Tekitoz) Et toi, tu dis rien ? Toi, non plus, t'as pas de religion ?
Silence
Il était où Dieu quand ils ont tué mon père et mes frères?
Qu' est-ce qui faisait Dieu? Il était où?
TEKITOI - Avant ... Oui.
SARAH - Avant? Comment ça avant? Quand on a une religion, c'est pour toujours.
Silence
TEKITOI - Non.
SARAH - Mais, tu crois en Dieu?
Silence
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TEKITOI - Non ... Il peut pas |
. |
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« Je» peux pas ... «JE» peux plus |
. |
Il est où Dieu?
Il était où Dieu dans l'église?
Il était où Dieu quand ils ont coupé la tête du bébé? Il était où Dieu quand la machette ouvre le ventre de ma mère ?
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